Tristan Derème, un bicentenaire en forme de centenaire : Théophile Gautier (1811-1872).

Publié le 27 Décembre 2011

     J'allais l'oublier, à quelques jours près, il n'est pas trop tard. Voilà l'extrait d'un article paru dans le journal régional Pyrénées-Océan du 8 juillet 1911 sous la plume de Paul Mieille, « mentor » en journalisme, s'il en avait besoin d'un , de Tristan Derème :

     […] M. Tristan Derème parle ensuite au nom des poètes méridionaux ; son allocution est presqu'une seconde conférence ; mais il y explique des idées très personnelles ; il nous dit le feu qui anime les poètes et pourquoi ils chantent toujours inlassablement. Très sympathique, le tout jeune orateur est très applaudi […]

     Tristan Derème, alors dans sa vingt-deuxième année, était intervenu après une allocution de Laurent Taillade pendant la cérémonie tarbaise du centenaire de la naissance de Théophile Gautier.

      Le texte de ce discours, Tristan Derème, Discours prononcé sous les tulipiers du jardin Massey à Tarbes à l'occasion du centenaire de Théophile Gautier, a fait l 'objet d'une impression au tirage limité de 50 exemplaires. Le mien possède un délicieux envoi.

Au poëte Henry Vivès

lequel baudelairiennement

joint un faux-col de neige à la grâce des cygnes

et peint avec des mots et parle avec des lignes

T. Derème

Henry Vivès, figure locale tarbaise, journaliste, caricaturiste....

 

Le-centenaire-de-teo-copie-1.jpg
                                  la dernière page de la plaquette de Tristan Derème, Discours prononcé....

      Pour conclure, vous n'échapperez pas à un poème du Prince des Poètes, sans doute pas le meilleur, mais le plus de circonstance ! On ne peut s'empêcher, même si le sujet n'est pas très « sexy », d' en admirer la maîtrise.

 

Noël

Le ciel est noir, la terre est blanche ;

- Cloches, carillonnez gaîment !

Jésus est né ; - la Vierge penche

  Sur lui son visage charmant.

 

Pas de courtines festonnées

Pour préserver l'enfant du froid ;

Rien que les toiles d'araignées

Qui pendent des poutres du toit.

 

Il tremble sur la paille fraîche,

Ce cher petit enfant Jésus,

Et pour l'échauffer dans sa crèche

L'âne et le bœuf soufflent dessus.

 

La neige au chaume coud ses franges,

Mais sur le toit s'ouvre le ciel

Et, tout en blanc, le chœur des anges

Chante aux bergers : « Noël ! Noël ! »

 

Théophile Gautier, 1861.

 

Rédigé par Eric Nicolas

Publié dans #Tarbes

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