Quand Philippe Huc écrivait des poèmes

Publié le 28 Février 2012

 

Quand Philippe Huc écrivait des poèmes

Bien avant ce fantaisiste de Tristan Derème.

 

Il est à peu près acquis que la première plaquette de poèmes parue avec pour nom d'auteur Tristan Derème est « Le parfum des roses fanées », imprimée à Agen en 1908 et distribuée hors commerce.

Quelques années avant, notre fantaisiste donnait des poèmes, sous son nom de ville, Philippe Huc, à un hebdomadaire nantais, Ouest Artiste (20 poèmes de 1905 à 1908 ?). Son premier s'intitulant Le renard et le corbeau (on voit là que son attachement à La Fontaine est très ancien) est paru en octobre1905 dans ce journal.

 

Le tiroir secret

 

 

 

Nous connaissions l'existence d'un recueil signé Philippe Huc, Le tiroir secret parce qu'il apparaissait dans quelques bibliographies (ce qui soit dit en passant n'est pas très fiable). Nous en avons enfin déniché un exemplaire :

8 pages, 17cm de haut sur 11 de large, pas d'année indiquée, mais par contre quelques indications dans la page titre que l'on pourrait déjà marquer au sceau du futur fantaisiste : « troisième édition », « Goldenschritt, Editeur Paris » (en allemand, l'étape dorée, avant l'ascension parisienne future ?). En page intérieure une courte bibliographie :

« Le renard et le corbeau, poëme comique ( épuisé)

pour paraître prochainement,

Zella, comédie en un acte et en vers. »

 


Zella est parue dans la silhouette théatrale du 30 mars 1906. Doit-on en conclure que ce Tiroir secret est paru entre octobre 1905 et mars 1906 ? Bref une toute petite plaquette hors-commerce dont on ne connaît pas le tirage et que le poète destina à ses proches et amis.

 

       Nous y trouvons sept poèmes dont trois sonnets. De facture classique, sans contre-assonance ! Le poète a à peine seize ans et nous évoque un amour d'il y a trois ans... Voilà le troisième :

 

 

                      III

 

J'ai gardé ce livre de vers

Que nous lisions jadis ensemble ;

Et quand je l'entr'ouvre il me semble

Qu'en un paradis je me perds.

 

Chaque poëme, chaque page,

Chaque mot est un souvenir ;

Et trois ans n'ont pas su ternir

Les traits calmes de votre image.

 

Il me semble à l'heure où je lis

Que votre main tiède me frôle,

Et que par dessus mon épaule

Vos grands yeux de rêves emplis...

 

D'un arrière-goût de tendresse

Mon coeur sans cesse est en émoi ;

Votre âme flotte autour de moi

Comme une invisible caresse.

 

                                       Philippe Huc

Rédigé par Eric Nicolas

Publié dans #Poésie

Commenter cet article