Autour de Derème

CXLVII

...Et pourtant j'aime les roses,
Le feuillage et les amours
Et bien d'autres belles choses
Qui ne durent pas toujours.

Durer, durer...Rien ne dure.
Accourez, comparaisons!
Rappelons que la verdure
Pas ne dure que trois saisons.

Tout passe et cela n'est pas ce
Que les gens ont dit assez;
Ils ont écrit que tout passe
Et leurs livres sont passés,

Sauf certains; et les miens, Muses,
Dureront-ils plus longtemps
Qu'une voix de cornemuse
Qui se perd sur les étangs?...

extrait du poème CXLVII de la Verdure Dorée

 

XIX

Et tu disais : Vous tous qui souffrez d’insomnie,
Pour goûter au repos que le sort vous dénie,
Mélangez le tilleul et le suc de pavot.
Et si de votre mal nul philtre ne prévaut,
Il demeure un remède héroïque et suprême :
Lisez sur l’oreiller quatre vers de Derème.
                                          Petits Poèmes, Tristan Derème 1910. 

Samedi 29 novembre 2008

Une des raisons de ce blog : susciter des rencontres autour de Derème. La plus récente : une lectrice qui m’a envoyé le document ci-joint et je l’en remercie. Si nous devions rassembler tous les autographes, petits poèmes et impromptus que notre fantaisiste a essaimés dans les envois des ses ouvrages, dans sa correspondance, sur des bouts de papier, dans ses articles et chroniques, nous aurions de quoi rajouter un, deux, voire trois volumes de poésie à son actif. Hélas ! La dispersion est grande quant à ces textes pour lesquels quelques minutes suffisaient, « floraison spontanée de son esprit » disait Noël Ruet,  à leur rédaction, et auquel l’auteur n’attachait ensuite aucune importance. Pour s’en convaincre, lire l’ouvrage composé sur ce thème par ce Noël Ruet en 1922, Derèmiana ou jeux, impromptus et divertissements de Tristan Derème.

Le document ci-dessous a un double intérêt. Le poème autographe du verso que je ne dévoilerai pas aujourd’hui (je n’en ai pas encore demandé l’accord)  et le support utilisé dont le recto nous en indique la provenance : un menu qui date au moins de 1924.

Un menu du restaurant Krugler. Tristan Derème habita pratiquement toute sa vie parisienne, 19 rue de la Pompe, Passy, au dessus de cet établissement. Un immeuble aujourd’hui détruit.

 

 

Pour finir en vers, à propos de menu, un extrait de Derèmiana : un menu donc, mis en poème par Derème au cours d’un banquet présidé par le maréchal Foch.

 

Qu’un autre cueille fraise ou rose,
Rouge dans les feuillages verts,
Le menu, je le cueille en prose,
C’est afin de le dire en vers.
Chantons ! chanter après ce festin, c’est un jeu !
Julienne, saumon de l’Adour sauce riche,
Et filet de bœuf Richelieu
Poularde de Broe à la Briche ;
Et pour rimer d’un autre son
Je puis faire une autre chanson :
Poularde, saumon de l’Adour sauce roche…


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extraits...

Isidore Ducasse
1846-1870
Georges Dazet
1852-1920

LAUTREAMONT
Une Jeunesse Tarbaise

RE-EXPOSITION
17 18 19 Octobre 2008
Lycée Théophile Gautier
Tarbes

  Pour la première fois réunis,
un ensemble de documents, livres, photos et dessins autour de la figure d'Isidore Ducasse, alias le Comte de Lautréamont et de son condisciple Georges Dazet,
inspirateur des Chants de Maldoror.
Quatre documents inédits seront présentés pour la première fois.
Le caractère unique de cette manifestation permettra de mettre en exergue l'influence de Dazet dans la vie et l'oeuvre de Ducasse.

Dossier de presse dans la rubrique "pages" ci contre.

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