
Tristan Derème project
...Et pourtant j'aime les roses,
Le feuillage et les amours
Et bien d'autres belles choses
Qui ne durent pas toujours.
Durer, durer...Rien ne dure.
Accourez, comparaisons!
Rappelons que la verdure
Pas ne dure que trois saisons.
Tout passe et cela n'est pas ce
Que les gens ont dit assez;
Ils ont écrit que tout passe
Et leurs livres sont passés,
Sauf certains; et les miens, Muses,
Dureront-ils plus longtemps
Qu'une voix de cornemuse
Qui se perd sur les étangs?...
extrait du poème CXLVII de la Verdure Dorée
Et tu disais : Vous
tous qui souffrez d’insomnie,
Pour goûter au repos que le sort vous dénie,
Mélangez le tilleul et le suc de pavot.
Et si de votre mal nul philtre ne prévaut,
Il demeure un remède héroïque et suprême :
Lisez sur l’oreiller quatre vers de Derème.
Petits Poèmes, Tristan Derème 1910.
A Tournay, petite ville des Hautes-Pyrénées, s’échappe plein ouest, de la place
d’Astarac une rue qui a pour nom « de la Poésie ». Vous vous y engagez et une quinzaine de mètres plus loin vous vous retrouvez devant la
maison natale du poète Francis Jammes. N’y a t’il pas plus beau trajet ? Et de s’imaginer présent à la réunion du conseil municipal au cours de laquelle fut décidé de
baptiser cette rue ainsi…
La rue de la Poésie de Tournay mesure une quinzaine de mètres. Et d’en revenir à une chronique de Tristan Derème, La
critique au mètre que nous trouvons à la page 258 du Poisson Rouge. Il nous raconte l’histoire d’un homme qui a décidé de mesurer toutes
les rues de Paris portant nom de poète afin d’établir une échelle de critiques objective car dit-il :
« …J’ai pensé très raisonnablement, qu’un homme seul était trop faible pour juger de tels concurrents et régler l’ordre de leurs mérites. Alors, j’ai eu l’idée de faire humblement et
prudemment confiance à une manière de règle déjà fondée par une docte assemblée, qui nous représente [le conseil municipal de Paris], et qui a donc licence d’exprimer, avec clarté, ce que nous ne
pensons qu’obscurément. J’ai accepté ses jugements supérieurs et la manière établie de célébrer, dans Paris, la gloire des poètes… »
Je vous laisse par vous-même en découvrir le résultat dans la suite de la chronique. Mais nous ne quitterons pas sans avoir parlé
d’une ville qui nous intéresse : Tarbes.
rue Jules Laforgue,
350 mètres
rue Théophile Gautier, 290 mètres
rue Tristan Derème, 50 mètres, oups !
nulle voie pour Isidore Ducasse.
et la rue de la Poésie de Tournay, 15 petits mètres...Soient quelques dizaines d'anciens pieds,
de quoi faire de jolis alexandrins...
Isidore Ducasse
1846-1870
Georges Dazet
1852-1920
LAUTREAMONT
Une Jeunesse Tarbaise
RE-EXPOSITION
17 18 19 Octobre 2008
Lycée Théophile Gautier
Tarbes
Pour la première fois réunis,
un ensemble de documents, livres, photos et dessins autour de la figure d'Isidore
Ducasse, alias le Comte de Lautréamont et de son condisciple Georges Dazet,
inspirateur des Chants de Maldoror.
Quatre documents inédits seront présentés pour la première fois.
Le caractère unique de cette manifestation permettra de mettre en exergue l'influence de Dazet dans la vie et l'oeuvre de Ducasse.
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